À 93 ans, Marc Riboud était l’un des derniers monstres sacrés de la photographie. Sa jeune femme tenant une fleur face aux baïonnettes de soldats à Washington en 1967 reste l’un des clichés les plus célèbres au monde. L’histoire de Marc Riboud avec la photographie commence avec un vieux Vest Pocket Kodak offert par son père alors qu’il a une dizaine d’années. Un cadeau qui va profondément marquer ce grand timide, cinquième d’une fratrie de sept enfants.

Mythe vivant.  Contemporain de Capa et Cartier-Bresson, fondateurs de l’agence Magnum qu’il finit par rejoindre en 1953, Marc Riboud mesure mieux que quiconque l’analogie entre ces deux moments phares de l’histoire américaine. Il a vu cette jeunesse américaine rebelle farouchement opposée à la guerre du Vietnam dans les années 70. Il est l’un des rares photographes à avoir mis en image le conflit en se rendant à la fois au nord (territoire occupé par le Vietcong, communiste) et au sud (alors République du Sud Vietnam, occupée par l’armée américaine) du pays.

Grand voyageur, il se rend en Inde, en Chine, où il signe son fameux reportage The three banners of China (1966), une immersion inédite dans la Chine de Mao.   Toujours sur son blog, Marc Riboud invoque ses souvenirs personnels de ses voyages en Afghanistan, devant la terrible situation actuelle traversée par le pays.

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Marc Riboud

Marchant sans crainte dans ces villages, que les fabriques d’armes voisinaient avec les maisons de thé et les marchands de melons, sans étonner personne. Les petits garçons fabriquaient des pistolets au lieu d’aller à l’école, et pas un homme, ne sortait sans son fusil en bandoulière. Fasciné par la beauté des paysages et des hommes, il n’ imaginait pas que ces tribus qui semblaient hors du temps, deviendraient un jour, un des épicentres de toutes les haines du monde ».

Marc Riboud était le photographe qui a fait le plus de photos historiques dans sa vie, Marc Riboud était un photographe-promeneur, il savait saisir des scènes insolites, aussi bien avec des grands personnages du monde que des scènes de la rue. 

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Marc Riboud

Plutôt qu’une profession, la photographie a toujours été une passion pour lui, une passion à la limite de l’obsession. » Photographier le plus intensément possible la vie la plus intense. C’est une manie, un virus aussi fort pour lui que le réflexe d’indépendance. Et si le goût de la vie diminue, les photos pâlissent parce que photographier, c’est savourer la vie au 1/125 de seconde. »

C’était un grand humaniste et un grand bonhomme, un très très grand monsieur…

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