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Le photographe à grandi dans une famille d’artistes, de peintres, de musiciens, d’achitectes et de voyageurs où la photo était tout le temps présente.  Et puis il y a eu cet appareil photo offert à Noël par ses parents.  A quatorze ans, il découvre le travail en chambre noire et l’année d’après, il a la chance de faire un stage aux archives de l’agence Magnum.  Pour lui, c’est un monde qui s’est ouvert !  Il rêvait  à cette époque d’être photoreporter.

Damien Daufresne a tout d’un artiste romantique du 19e siècle. Ses images en noir et blanc, développées chez lui dans sa chambre noire, traduisent la sensibilité, la complexité et la subjectivité de son être, comme le préconisait jadis le courant romantique, né en opposition au classicisme, jugé impersonnel. Pour réaliser ses images, le photographe, qui est aussi peintre, n’hésite pas à parcourir le monde, s’aventurant dans des contrées lointaines et reculées, non pas à la recherche d’un quelconque exotisme, mais pour aller au bout de l’errance, pour atteindre l’état d’esprit adéquat, celui qui lui permettra d’entrer en contact avec les émotions qu’il désire communiquer. «Je ne voyage pas pour rapporter des souvenirs, au contraire. Je laisse là-bas ce qu’il y a en trop pour pouvoir être le plus nu possible, pour que les émotions soient les plus brutes possible ».

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Tel le « voyageur contemplant une mer de nuages » dans le célèbre tableau du romantique allemand Caspar David Friedrich, Damien Daufresne erre seul. Et de cette solitude, douloureuse et créatrice, naissent des images d’un monde mystérieux et mélancolique, à la fois familier et inconnu, réel et irréel, où toutes traces temporelles et géographiques ont été effacées. « Je pense que ceux qui m’influencent plus que tout ce sont les peintres. J’ai toujours un peu peur de citer des noms, mais quand on regarde la lumière dans les peintures de Goya par exemple, tout y est : la violence, la tendresse, la mélancolie. Pour moi, il n’y a pas plus fort ». En résulte une série intitulée Ressac faite de photographies puisées dans ce que l’artiste appelle son « sac à dos d’images » accumulées sur cinq ans, voire plus.

Les êtres humains se frayent aussi un chemin dans l’univers de Damien Daufresne.  L’homme est seul, accoudé à une table, le regard dirigé vers le vide. La femme est fuyante, insaisissable, tantôt détournant le regard, tantôt tournant son dos nu à l’objectif. Les situations humaines sont d’une grande puissance narrative, cinématographique. On identifie sans trop de difficultés les références à Tarkovski et à Bela Tarr que le photographe explique porter dans son cœur. « Il y a aussi des influences qui sont très différentes de ce que je fais. J’aime beaucoup la Nouvelle Vague, par exemple ». Rien d’étonnant à cela quand on sait que le mouvement cinématographique français né à la fin des années cinquante encourageait le réalisateur à révéler l’intimité de sa personne à travers ses films.

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Si quand on parle avec Damien Daufresne, on reconnaît l’homme derrière l’œuvre, c’est précisément parce qu’il s’est livré émotionnellement. Et ce qui nous touche ça n’est pas tant le sentiment d’identification qu’on peut en retirer, mais la sincérité de sa démarche. « Chacun a ses obsessions, ses peurs et ses émotions. Une fois que la photo est faite, chacun est libre de percevoir l’image selon sa propre sensibilité et de projeter ses propres questions ». 

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