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Photographe à la Une. Jane Evelyn Atwood

Atwood, photographe au plus près des marges.

Née à New York, Jane Evelyn Atwood travaille à Paris depuis 1971. Elle est reconnue comme l’une des plus grandes photographes de la scène internationale. Elle poursuit un travail critique et engagé auprès de personnes vivant à la marge, dans des situations d’exclusion, de guerre, d’enfermement, de maladie ou de handicap. Elle consacre beaucoup de temps à chacun de ses projets photographiques, passant souvent plusieurs années à établir un contact approfondi avec son sujet et une relation véritable avec les personnes.

Depuis plus de trente ans, Jane Evelyn Atwood explore la condition humaine avec un engagement qui force l’admiration.

Tout commence en 1976, lorsqu’elle entreprend de photographier les prostituées de la rue des Lombards à Paris. Déjà fascinée par les trajectoires en marge, elle jette avec ce premier travail les bases d’une approche photographique qu’elle ne quittera jamais et qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale.

La Rue des Lombards, Paris,France, 1976-1977. Three-page preface to book available in French, English, German.

Elle fonde alors en effet l’essentiel de sa démarche, celle d’une exploration en profondeur, qui la retient souvent plusieurs années durant sur ses sujets et qui lui permet de nouer des liens forts avec eux. Ses univers, ce sont ceux des exclus, des oubliés, ceux enfin que l’on ignore ou dont on se détourne et qu’elle s’attache à rendre dans toute l’expression de leur détresse et de leur dignité.

Après le monde clos de la rue des Lombards, Jane Evelyn Atwood porte son regard sensible et sans concession sur la vie d’enfants aveugles, qui donnera lieu à l’ouvrage Extérieur Nuit,  puis sur des victimes de mines antipersonnel qu’elle photographie au Cambodge, en Angola, au Kosovo, au Mozambique et en Afghanistan. Il y a aussi Jean-Louis, le premier malade du SIDA à accepter d’être photographié pour la presse, qu’elle accompagne jusqu’à son dernier souffle.

les-aveugles

A la fin des années 1980, déjà lauréate de nombreux prix, elle entame un travail de longue haleine sur les femmes en prison. En dépit des difficultés qui se dressent en nombre, elle parvient à force de ténacité et pendant près de dix ans, à entrer dans plus de 40 établissements pénitentiaires d’Europe de l’Ouest, de l’Est et des Etats-Unis y compris le couloir de la mort. Ce témoignage magistral traduit cette même empathie et le sentiment de révolte qui animent toujours leur auteur.

Visiting rights for a married couple jailed for stealing a painting from a museum. Maison d'Arrêt de Femmes, Dijon, France, 1991.

En 2005, Jane Evelyn Atwood se rend à Haiti. Les photographies qu’elle livre après trois ans de travail, rompent sensiblement avec l’imagerie générale d’un pays que l’on ne connaît bien souvent qu’à travers ses catastrophes. Abandonnant alors le noir et blanc au profit de vives couleurs, elle prend le parti de capturer l’effervescence de vie qui s’y déploie. Les images qu’elle prend ensuite, lorsqu’elle revient six semaines après le séisme qui a ravagé le pays en 2010, contrastent cruellement avec les premières, en présentant le spectacle douloureux de la capitale dévastée.

VIE QUOTIDIENNE A PORT-AU-PRINCE, HAITI, 3 ANS APRES LE SEISME.

Website de la Photographe

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