Photographe à la Une. Jeanloup Sieff

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Jeanlou Sieff

Cela fait seize ans que Jeanloup Sieff a tiré sa révérence, à l’âge de 67 ans. Seize ans qu’une vie de grand photographe s’est éteinte.   Jean-Loup Sieff est né le 30 novembre 1933 à Paris de parents d’origine polonaise.  Il étudie à l’école primaire à Paris et poursuit ses études secondaires aux lycées Chaptal et Décours ou il obtient le bac de philosophie.

Débuts en photographie, formation  Il entame de courtes études de lettres (2 semaines), commence des cours de photographie à l’école de Vaugirard où il ne restera que 3 semaines puis à l’école Vevey en suisse où son séjour se limitera à 7 mois et fréquentera le centre de formation des journalistes une dizaine de jours !

Lors d’une interview, Jean-Loup Sieff répond à la question rituelle : pourquoi faites-vous des photographies ? Il répond : « c’est parce qu’ on m’a offert un appareil photographique ».  C’est vrai qu’il a commencé à faire des photographies à l’âge de 14-15 ans après avoir reçu un appareil comme cadeau d’anniversaire. II ajoutera qu’il fait des photos pour « arrêter la fuite du temps » et que sa véritable motivation est « le plaisir » et que dans toute activité, il y a la raison première, spontanée, irréfléchie, puis la réflexion sur sa finalité. Il ne faut pas que cette dernière vienne occulter, voire remplacer ce qui l’engendrera.  Pour Jean-Loup Sieff l’art n’existe pas, seuls les artistes existent « Toute création passe par une technique mise au service d’un résultat satisfaisant pour les sens. Bonheur des formes, des couleurs, des mots, de l’oreille, du toucher…Il y a des photographies qu’on a envie de caresser de l’œil !

Il y a les derrières rares, élégants, aristocratiques… Il écrit en juin 1974 : « Faire un portrait consiste, le plus souvent, à représenter un visage ou un buste dans un environnement familier ou neutre. Or le visage est la partie la plus exposée, la plus visible, la plus utilisée dans la vie sociale. Il est devenu ce masque hypocrite auquel on peut faire exprimer ce que l’on veut, qui peut rire lorsqu’on est triste, paraître intéressé quand on meurt d’ennui, être de marbre quand on bouillonne de passion.  C’est une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à m’intéresser aux derrières. C’est en effet la partie la plus protégée, la plus secrète, celle qui conserve cette innocence enfantine que le regard ou les mains ont depuis longtemps perdue. C’est aussi, la partie du corps, plastiquement, la plus émouvante, faites de rondeurs et de promesses…. » « Il y a les derrières rares, élégants, aristocratiques, qui dépassent leur fonction, la subliment, deviennent objets d’art, chefs d’œuvre, miracles de la nature. Ce sont les voûtes romanes de l’architecture corporelle, qui permettent de retrouver la foi originelle en une femme à l’image de Dieu. Ce sont ceux-là que j’aime photographier, pour en conserver à jamais les courbes miraculeuses… ».

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Jeanlou Sieff

Réalisées principalement pour de prestigieuses revues de mode telles Harper’s Bazaar, Elle, Vogue ou British Mode, ses photographies s’émancipent pourtant de la commande par l’originalité des cadrages, la densité des impressions et le choix du grand angle qui les rend immédiatement reconnaissables. Car il y a bien un style Sieff avec ses femmes-icônes portant les créations de prestigieux couturiers, ses nus féminins saisis dans leur troublante intimité, ses paysages déserts qui sont le visage solitaire de ce photographe pratiquant l’amitié avec les vedettes de l’écran ou de la politique qu’il rend si proches, s’effaçant derrière le modèle.  Sieff épure sa photographie, en conservant les lignes maîtresses, les coulant dans des noirs profonds, rejoignant l’esthétique d’une époque, les «Trente Glorieuses» qu’il incarne à la perfection.  Depuis les années cinquante, en une étroite connivence avec le cinéma, au travers des thèmes abordés, c’est tout le parfum d’une époque qu’a su traduire Jeanloup Sieff en ses images.

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Mes photos sont autant de petits cailloux noirs et blancs que j’aurais semés pour retrouver le chemin qui me ramènerait à l’adolescence.

Website du photographe.

 

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