Vivian Maier avait le talent d’une Diane Arbus ou d’un Robert Doisneau. Pendant un demi-siècle, cette nourrice de Chicago a pris des milliers de photographies dans la rue, mais sans jamais les montrer à personne.

Découverts dans un garde meuble de Chicago par un agent immobilier, les centaines de milliers de tirages de la photographe Vivian Maier sont dévoilés au monde de la photographie en 2007, révélant le talent extraordinaire d’une femme ordinaire.

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Vivian Maier est une photographe post-mortem, vivant sa passion dans le secret le plus total en parallèle de sa profession de nourrice. Son œuvre est un témoignage hors du commun des rues de New-York et Chicago, de leurs habitants et de la société des années 1960-1970. Elle est née en 1926 à New York et vît à Chicago à partir de 1956 jusqu’à son décès en 2009.    Autodidacte, elle s’essaie à la photographie avec un appareil amateur, le Kodak Brownie, avant de choisir un modèle plus évolué que sa maitrise de l’outil lui permet après quelques années de pratique, le Rolleiflex.

Comme Albert Einstein qui était assistant de laboratoire pour avoir le temps de mener à bien ses recherches en parallèle de son travail, Vivian Maier exploite sa profession initiale au profit de sa passion. C’est grâce au logement qu’elle obtient d’une famille en 1956 qu’elle transforme sa salle-de-bain privative en chambre noire et commence à développer et amasser ses pellicules dont les 120 000 négatifs seront tous retrouvés entassés dans des boites en 2007. Essentiellement en noir et blanc, elle passe un temps à la couleur avec un Kodak Ektachrome 35mm puis utilise un Leica IIIc.

May 16, 1957. Chicago, IL

Vivian Maier abandonne la photographie dans les années 1990 pour des raisons financières. Elle est contrainte de vendre son matériel pour subvenir à ses besoins. Ses biens ainsi que toutes ses photos et pellicules encore non-développées sont placés dans un garde meuble que John Maloof découvre en 2007 lors de sa vente aux enchères pour loyer impayé. Vivian Maier décède en avril 2009 dans une maison de convalescence suite à une chute sur la glace dans les rues de Chicago l’année précédente. Les photographies acquises par John Maloof ne sont référencées nulle part et des recherches sur l’identité d’un(e) “Maier”, il n’obtient que son acte de décès. Il ne réalise alors pas immédiatement l’immensité du travail qu’il vient d’acquérir de cette photographe encore anonyme.

Vivian Maier excelle dans la photographie de rue, son principal terrain de jeu. Très peu de ses photographies sont prises en intérieur, ce qui révèle une technique d’observation et d’accommodation de la luminosité impressionnante pour quelqu’un qui n’a jamais étudié les fondamentaux en la matière. Même si l’environnement reste le même, la déclinaison des thématiques de ses albums est grande. Vivian Maier donne un caractère à la rue que l’anonymat a pour habitude de lui retirer.

April 7, 1960. Florida

Passant du genre de la photo familiale posée à celui du photojournalisme sur la condition des plus démunis, le sentiment qui émane de ses clichés est celui de la confiance. Face à l’objectif, de nombreux protagonistes qui se savent photographiés maintiennent le regard, comme si Vivian Maier était connue des habitants et pouvait les prendre en photo dans la rue sans appréhension.  L’ombre et l’espace sont deux éléments qui se retrouvent dans le travail de Vivian Maier, il n’y a pas de place pour le vide dans ses photos. Les photographies d’architecture révèlent particulièrement cet aspect, Vivian Maier joue de chaque élément présent dans le champ pour déstructurer ce qui est initialement photographié et déstabiliser le spectateur dans sa perception de l’image.

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La photographie de Vivian Maier a un caractère à la fois intime et étouffant. Hormis sur quelques photos de grands ensembles, le ciel est absent des clichés de la photographe, comme pour nous empêcher de respirer et nous plonger plus intensément dans la frénésie de la ville et le bouillonnement de la rue.   Elle est aussi reconnue pour ses autoportraits, à travers des miroirs ou des reflets de devantures, parfois même simplement via sa propre ombre sur le bitume. C’est ce qui a permis à de nombreux artistes d’identifier qui elle était et de reconstruire progressivement son parcours et son œuvre.

Trailer du film. A la recherche de Vivian Maier

Vivian Maier abandonne la photographie dans les années 1990 pour des raisons financières. Elle est contrainte de vendre son matériel pour subvenir à ses besoins. Ses biens ainsi que toutes ses photos et pellicules encore non-développées sont placés dans un garde meuble que John Maloof découvre en 2007 lors de sa vente aux enchères pour loyer impayé. Vivian Maier décède en avril 2009 dans une maison de convalescence suite à une chute sur la glace dans les rues de Chicago l’année précédente. Les photographies acquises par John Maloof ne sont référencées nulle part et des recherches sur l’identité d’un(e) “Maier”, il n’obtient que son acte de décès. Il ne réalise alors pas immédiatement l’immensité du travail qu’il vient d’acquérir de cette photographe encore anonyme.

Vivian a emporté son secret avec elle. On ignore toujours pourquoi elle a gardé ses images pour elle. Mais après tout, cela ne regarde personne. L’essentiel demeure : ses milliers de clichés poignants, beaux et drôles appartiennent à l’histoire de la photographie.

Website de la photographe

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