Savoir sélectionner vos images

Après une prise de vue, vient le moment tant attendu de découvrir ses images et de procéder tranquillement devant son écran à la fameuse sélection, ce qu’on appelle l’editing dans le jargon photo. Choisir celles qui méritent vraiment d’être conservées, voire travaillées en post-traitement est une étape essentielle du travail de photographe.

Ce moment clé est très grisant mais peut s’avérer être un vrai casse-tête : trop d’images, des clichés qui se ressemblent, notre fil conducteur qui s’égare en cours de sélection, des hésitations, des changements d’avis. Il arrive même qu’après 1 heure à les passer en revue, on ne sache plus du tout lesquelles retenir.

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Bienvenue dans l’exercice compliqué de l’editing photo ! Savoir faire une sélection de ses images s’apprend, le temps et l’expérience rendront cette étape plus simple, quelques astuces aussi :

Déclencher moins.  Avant tout, admettons qu’avec le numérique, on a tendance à faire beaucoup trop d’images, la seule limite étant la capacité de stockage de la carte mémoire. L’inconvénient de cette évolution c’est la tendance à mitrailler à tout va, moins réfléchir au cadrage, à la composition, à notre position par rapport à la lumière, or tout cela se fait avant de déclencher ! Nombreux sont ceux qui prennent 4 fois la même image «au cas où» : au cas où la première est floue de bougé, la seconde penchée, la 3ème avec un doigt devant…  Revenir avec 500 photos à trier va grandement compliquer la tâche de l’éditing, essayons donc de reprendre les bons réflexes de l’ère de l’argentique. À l’époque, avec une bobine de film 36 poses (et le prix qui va de paire), on y réfléchissait à deux fois avant de déclencher : cette image vaut-elle vraiment le coup d’être prise ? Mon cadrage est-il soigné ? Si je me décale vers la gauche pour ne pas avoir le poteau dans le cadre ne serait-ce pas mieux ? Apprenez à vous poser ces questions et à déclencher à bon escient, c’est à dire moins mais mieux. Vous reviendrez avec 2 fois moins d’images mais elles seront sans doute plus intéressantes et votre travail de sélection sera plus rapide.

Les oublier.  Une autre bonne pratique consiste à laisser décanter. Lorsqu’on revient de shooting on a hâte de les découvrir, faire sa sélection et commencer les retouches. À ce stade, on est encore chargés émotionnellement par la séance, son ambiance et on manque souvent d’un peu de recul. Un exemple : vous avez réalisé des portraits de votre fille pour ses 10 ans, un moment clé cette première décennie. Une image sur laquelle elle a un superbe sourire vous plait particulièrement, elle est un peu floue certes, mais vraiment elle vous touche, c’est votre fille, vous l’aimez et voir cette image vous fait plaisir. Une semaine plus tard, vous la regardez à nouveau, vous n’êtes plus empreint de l’émotion de ce jour particulier et si son sourire est toujours très beau vous convenez qu’en réalité la photo est carrément floue, voire ratée.  En laissant reposer ses images quelques jours, on revient les regarder avec un œil neuf, on dispose d’une distance émotionnelle pour les juger plus objectivement. Certaines vous convaincront moins une semaine après, sur d’autres vous décèlerez un potentiel que vous n’aviez pas remarqué «à chaud» lors de la première sélection.

Être auto-critique.  Il arrive aussi de se retrouver avec 2 images qui se ressemblent et de ne pas savoir laquelle choisir. Voici quelques critères à prendre en compte pour les départager : composition, lumière, capacité à véhiculer de l’émotion, angle de prise de vue, expression du modèle, netteté, élément gênant inclus dans le cadrage… En cas d’hésitation il faut évaluer tous ces paramètres plus durement et être tatillon pour savoir laquelle des deux l’emporte.

Faire une sélection cohérente.  Tout dépend aussi du sujet que vous traitez et de la façon dont vous choisissez de l’aborder : quelle histoire voulez-vous raconter ? Prenons un exemple : si vous faites un reportage sur le désarroi des patients en maison de retraite, vous allez chercher à saisir des scènes, expressions et ambiances qui illustrent une certaine dureté ou mélancolie. Même si l’image est superbe, allez-vous sélectionner celle où ces 3 dames âgées éclatent de rire ? Non. Parce que ce n’est pas votre sujet de départ, pour lequel vous avez défini un parti pris narratif. Par contre, si votre reportage se veut objectif, qu’il traite de la vie en maison de retraite de manière générale, alors oui cette même image y aura sa place.

Pour conclure.  Retenez ces quelques conseils : faites moins d’images à chaque séance, privilégiez la réflexion avant de déclencher, évaluez plus durement certains facteurs de sélection, laissez-les reposer quelques jours avant de revenir les visionner et prenez garde à la cohérence de votre récit le cas échéant.

Catégories :Apprendre

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