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Testeur de profondeur de champ, gadget ou nécessité ?

Testeur de profondeur de champ, un dispositif assez mal compris d’un certain nombre de photographes amateurs. A tel point que le testeur de profondeur de champ avait totalement disparu de la plupart des appareils photos des années 80, considéré comme un gadget inutile pour les amateurs ignorant son usage !

Un point essentiel à régler tout de suite : le testeur de profondeur de champ, qu’il soit actionné ou pas ne changera strictement rien au résultat obtenu après déclenchement.  Utiliser ou non le testeur de profondeur de champ ne modifie en rien votre image.

Qu’est-ce qu’un testeur de profondeur de champ.  Le testeur de profondeur de champ sert à visualiser, avant de prendre sa photo, l’étendue de netteté, la profondeur de champ, en fonction du diaphragme utilisé.

Cette fonction n’est bien entendue utile que pour les appareils photo qui permettent la visée à travers l’objectif (TTL).  Donc cette fonction du testeur de profondeur de champ n’aurait eu aucun sens sur un appareil photo compact argentique.

Par contre, le testeur de profondeur de champ devrait se généraliser et on devrait le trouver sur tous les appareils numériques, y compris les compacts, puisque tous les appareils maintenant offrent la visée TTL.  En effet, l’image que vous observez dans le viseur électronique ou sur l’écran de visée est fournie par le capteur qui capte l’image fournie par l’objectif.

Pourquoi un testeur de profondeur de champ ?  Son origine vient de l’utilisation des appareils reflex.  Lorsque l’on ferme le diaphragme, on réduit la dimension du trou qui laisse passer la lumière dans l’objectif.  Le diaphragme sert donc, entre-autre, à diminuer la quantité lumineuse qui pénètre dans l’appareil photo.

L’image que l’on observe dans le viseur d’un appareil reflex est produite par ces rayons lumineux qui ont traversé l’objectif.  Si l’on diminue la quantité de lumière passant par l’objectif, à l’aide du diaphragme, il est logique que l’image soit plus sombre dans le viseur.  Si l’image dans le viseur est plus sombre, la visée devient plus difficile, plus inconfortable.

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Présélection du diaphragme.  La solution avec un reflex est de viser avec le diaphragme ouvert pour pouvoir faire correctement le réglage de netteté, la mise au point et fermer le diaphragme à la valeur désirée, juste avant de déclencher.

C’est ce qui s’est fait pendant très longtemps et notamment les anciens se souviendront de l’inénarrable zénith.  Le problème, c’est qu’une fois sur deux, on oublie de fermer le diaphragme au moment de déclencher et la photo est surexposée.

La réponse à cette difficulté se nomme « la présélection du diaphragme« .  On affiche sur l’objectif pour les anciens appareils, sur le boîtier pour les nouveaux appareils, le diaphragme que l’on souhaite utiliser.

Visée à pleine ouverture.  L’information est mémorisée, mais l’objectif reste ouvert à sa plus grande ouverture (f/2,8 par exemple).  Ce n’est qu’au moment où l’on presse le déclencheur, que le diaphragme se ferme à sa valeur de travail (f/22 par exemple).
C’est pratique, rapide et surtout, on oublie jamais de fermer le diaphragme à sa valeur de travail.  En contrepartie, l’image que l’on observe dans le viseur est toujours une image formée par un objectif dont le diaphragme est ouvert à la valeur maximum.

Dans notre exemple, quel que soit le diaphragme que vous pourrez choisir, en mode manuel (M), en mode automatique (P), priorité diaphragme (A ou Av) comme en mode automatique priorité temps de pose (T , Tv ou S), vous verrez toujours une image formée avec un diaphragme de f/2,8.  Donc la profondeur de champ que vous pourrez observer sur cette image dans votre viseur, sera la profondeur de champ correspondant à un diaphragme de 2,8.  Si la photo définitive au moment du déclenchement est faite avec un diaphragme de f/22, la profondeur de champ sera beaucoup plus étendue que celle que vous avez vue au moment du déclenchement.

C’est comme ça que vous vous retrouvez à faire un portrait avec un très beau fond flou dans votre viseur, et sur le tirage, la personne qui était devant un arbre se retrouve avec deux branches qui lui sortent de la tête, parfaitement nettes, comme les bois d’un cerf !

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Le testeur de profondeur de champ, notre sauveur !  Le testeur de profondeur de champ est donc un dispositif soit mécanique, soit électromécanique qui permet, avant le déclenchement, de fermer le diaphragme à sa valeur de travail et de contrôler dans le viseur l’étendue de la netteté telle qu’elle sera à la prise de vue.

En utilisant ce testeur de profondeur de champ, vous fermez les lames du diaphragme, vous réduisez la quantité de lumière qui entre dans l’appareil photo, donc la visée dans un appareil reflex devient plus sombre. C’est normal.

La photo finale sera bien exposée, parce que la cellule en faisant sa mesure a tenu compte de l’ouverture de travail du diaphragme et non de l’ouverture du diaphragme pour la visée.

Plus confortable avec un viseur électronique.  Sur les appareils photo à viseur électronique ou à visée sur le capteur, la plupart du temps, utiliser le testeur de profondeur de champ ne provoque pas d’assombrissement.

L’affichage compense cette diminution de la luminosité, ce qui permet, même avec un testeur de profondeur de champ en action, de bénéficier d’une image toujours aussi claire.  C’est la un argument en faveur des appareils sans miroir, comme les appareils hybrides.

La qualité des viseurs électroniques s’améliore à chaque nouvelle génération d’appareils et nous aurons bientôt des appareils photo à visée électronique aussi confortables à utiliser que les reflex, moins les inconvénients…

Testez le testeur de profondeur de champ !  Si vous n’avez jamais utilisé votre testeur de profondeur de champ, c’est bien dommage !  Profitez d’une journée ensoleillée, ou du moins lumineuse, en mode priorité diaphragme, sélectionnez le diaphragme le plus fermé que vous propose votre objectif (f/16, f/22 ou même f/32).

Faites la netteté sur un objet placé à environ 50 cm à 1 m de vous, en cadrant de façon à voir au loin un décor bien visible (immeuble, poteaux électriques, clôtures).

Observez le décor, constatez bien comme il est flou.

Sans vous déplacer, sans rien modifier de vos réglages, appuyez sur le bouton du testeur de profondeur de champ et observez la modification de la netteté des plans éloignés. Vous pouvez constater que les éléments les plus éloignés ont gagné en netteté.  Ils apparaissent maintenant tels qu’ils seront enregistrés sur la photo que vous allez prendre.

Pour conclure.  J’espère que cet explication du fonctionnement vous incitera à utiliser systématiquement le testeur de profondeur de champ et que vous ne le verrez plus comme un gadget inutile !

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