Aller au contenu principal

Comment photographier la neige ?

En cette période de fin d’année il est grand temps de faire un point sur les particularités de la photographie hivernale, et tout particulièrement sous la neige. Ceux qui s’y sont déjà déjà essayés savent que l’exercice est plus compliqué qu’il n’y paraît, particulièrement pour capturer un beau blanc immaculé.

neige1

Maîtriser l’exposition.  Comme toujours en photographie, maîtriser l’exposition est primordial pour réussir une bonne photo, mais encore plus avec la neige qui a tendance à tromper la cellule de mesure d’exposition de votre boitier. En effet, cette dernière cherche à obtenir une exposition moyenne prédéterminée (gris neutre 18 %) sur la photo et va donc sous-exposer le blanc éclatant de la neige qui deviendra grise.

Pour bien comprendre ce phénomène, il faut comprendre le fonctionnement du système de mesure d’exposition de votre appareil photo. Lors de la mesure, l’appareil n’a pas conscience que vous cherchez à photographier un paysage enneigé, il effectue une mesure moyenne de la luminosité ambiante et vous suggère une exposition qui lui semble être théoriquement  la plus équilibrée. Le problème étant que pour ce genre de photo, entre la neige qui recouvre le paysage et le ciel généralement voilé, la majeure partie de votre photo peut être composée de tons clairs, voire très clairs et manquer de contraste. Pour équilibrer votre photo, votre boitier va alors vous proposer de sous-exposer afin d’équilibrer les tons et d’obtenir une luminosité plus neutre et donc cet effet de neige grise.

Foggy winter scene with leafless trees in sepia

Ce n’est pas votre boitier qui a un problème, techniquement il a bien fait son travail et cela fonctionne avec 98 % des photos, mais pas pour la neige. Il va donc falloir l’aider un peu sur ce coup.

Si vous photographiez en mode Automatique ou Semi-automatique, le plus simple va être d’utiliser la touche de correction d’exposition de votre boitier afin de l’obliger à augmenter l’exposition, par exemple de +1 IL. De fait, l’appareil va faire sa mesure puis va l’augmenter de 1 IL (il surexpose et blanchit donc la neige qui était grise).

Une alternative consiste à changer le mode de mesure de luminosité pour préférer le mode de mesure « Spot » ou le mode de mesure « Pondérée centrale » au mode de mesure « Matricielle ». Ce dernier mesure la luminosité de la quasi-totalité de la scène cadrée, alors que les deux autres mesurent une zone limitée autour du collimateur de mise au point. Il suffit alors de faire la mesure dans une zone de luminosité moyenne, légèrement à l’ombre, puis de mémoriser l’exposition proposée à l’aide de la touche de mémorisation (AE-L) avant de recadrer si nécessaire. Dernière solution, vous pouvez mémoriser le couple vitesse/ouverture ainsi mesuré et l’utiliser en mode « Manuel ». Cette solution est plus souple pour affiner vos réglages et trouver l’exposition la plus juste. Il faudra surement tâtonner un peu au début, mais vous trouverez rapidement le réglage parfait et l’ajusterez tout au long de votre session photo.

Et pour mettre toutes les chances de votre côté, le mieux est de prendre vos photos au format RAW ou en combinaison RAW + JPEG. Vous aurez ainsi tout le loisir de corriger les photos après-coup à l’aide d’un logiciel de post-traitement sur votre ordinateur — ou même directement sur votre boitier à l’aide de l’outil de retouche d’image généralement incorporé dans tous les appareils qui proposent un format RAW.

La balance des blancs.  La balance des blancs est l’autre grand problème de la photographie de neige. En mode automatique, de nombreux boîtiers ne savent pas régler correctement la balance des blancs.  Comme pour la luminosité, la neige s’imprègne de la luminosité ambiante. Or, la lumière n’est jamais qu’un spectre de couleurs avec des dominantes qui varient selon sa température (du bleu au jaune et du vert au magenta). Si notre œil (notre cerveau en fait) est capable d’interpréter correctement et de toujours voir le blanc en blanc, ce n’est pas le cas du capteur de l’appareil photo.

C’est pourquoi, sous la lumière froide d’un ciel couvert, la neige peut avoir tendance à paraître bleutée sur vos photos ou, à l’inverse, plutôt jaunâtre sous un grand soleil.  Alors si vous souhaitez obtenir une neige d’un blanc éclatant, une des solutions va être de régler votre balance des blancs directement sur votre boitier sans utiliser le mode automatique ; soit en utilisant l’un des paramètres prédéfinis, ce qui offre l’avantage de vous donner un réglage d’une bonne correspondance théorique en peu de temps, mais avec toute l’imperfection d’un paramètre général à une scène particulière ; soit en réglant votre balance des blancs manuellement, sous réserve tout de même de s’y connaitre un minimum en température de couleur et de ses nuances, sous peine de passer un temps fou à trouver un réglage adéquat en post-traitement pour rattraper les erreurs ; soit en utilisant le calibrage de la balance des blancs, un mode qui demande de photographier un objet parfaitement blanc (ce qui ne manque pas dans un paysage enneigé) pour établir la bonne balance.

Encore une fois, dans tous les cas, si vous n’êtes pas certain de vous, le meilleur conseil est encore de photographier en mode RAW ou RAW + JPEG afin de pouvoir ajuster la balance des blancs en post-traitement sur votre ordinateur ou votre boitier par la suite.

Frozen winter trees in Latvia, christmas time

La vitesse d’obturation.  Maintenant que vous avez les clés en main pour régler parfaitement votre boitier, reste à faire parler votre créativité. La vitesse d’obturation est le premier levier sur lequel jouer pour figer ou non la neige qui tombe et ainsi créer des ambiances différentes.

Si vous photographiez en mode « Semi-Automatique », optez pour le mode « Priorité Vitesse » afin de pouvoir jouer sur la vitesse d’obturation.  Si vous souhaitez renforcer l’aspect tempête de neige et donc montrer le mouvement des flocons, il faudra choisir une vitesse lente ; 1/60 s est généralement un bon point de départ. Attention toutefois au flou de bouger.  Au contraire, si vous souhaitez figer les flocons dans leur chute et montrer leur forme ronde, il faudra alors opter pour une vitesse d’obturation rapide ; 1/250 s est aussi un bon point de départ.

Dans tous les cas, il n’existe pas de réglage précis et absolu. Tout dépendra du rendu voulu et de la vitesse du vent, celui-là même qui définit la vitesse des flocons. Plus le mouvement est rapide, plus une haute vitesse sera nécessaire pour les figer. À l’inverse, plus il sera faible, plus la vitesse devra être lente pour retranscrire leur mouvement. Attention tout de même, si dans votre composition vous avez des sujets en mouvement, il faudra trouver le bon compromis pour figer ces derniers tout en ayant une vitesse suffisamment lente pour mettre les flocons en mouvement.

Jouer avec les contrastes.  Si la blancheur du paysage contribue fortement à la beauté des photos de neige, c’est avant tout le jeu des contrastes qui rend ce type de photos magique.  Même s’il n’y a pas de règle absolue, les rendus les plus forts sont obtenus grâce au jeu des extrêmes. Vous pouvez alors au choix jouer sur des contrastes forts en incluant des couleurs chaudes dans votre composition, le rouge étant la couleur la plus efficace pour ce genre de photo ou à l’inverse jouer avec des contrastes de couleur plus faibles en incluant du gris, du noir ou du marron et des couleurs froides pour obtenir des compositions très graphiques, à la croisée des chemins entre photographie couleur et noir et blanc.

neige4

Laissez parler votre créativité !.  Photographier la neige c’est bien, c’est beau, mais c’est rarement suffisant comme sujet principal. Elle n’est qu’un support à une belle photo. À vous de l’utiliser et de la décliner avec différentes techniques photographiques pour faire ressortir tout votre talent.  Profitez-en pour faire des portraits. En plus d’un cadre atypique, la neige, par son pouvoir de réflexion de la lumière, peut faire office de réflecteur naturel afin d’obtenir des portraits bien éclairés avec des ombres débouchées.

Pour conclure. Désormais vous avez toutes les clés en main pour réussir vos photos de neige. Reste à combiner ce nouveau savoir avec les différentes techniques que vous maîtrisez pour aller toujours plus loin dans votre créativité. Mais si la prise de vue est désormais à votre portée, la neige peut aussi rapidement devenir votre pire ennemi, par exemple si vous vous protégez mal du froid, vous ou votre matériel.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :