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Expo. Musée de la photographie de Charleroi

Du 12 Février 2021 > 16 Mai 2021

Le grand atelier de Joel-Peter Witkin

Célèbre pour ses photographies provocantes et controversées mettant en exergue le morbide, l’érotique et le religieux, Joel-Peter Witkin, titulaire d’un master en histoire de l’art de l’Université d’Albuquerque où il étudiera également la photographie, témoigne dans son travail d’une connaissance approfondie de la peinture et de la sculpture classiques autant que de la photographie et de la mythologie.

L’exposition Le grand Atelier de Joel-Peter Witkin présente une sélection d’une centaine de photographies et de quelques dessins opérée par le Musée de la Photographie au sein d’un vaste ensemble de son oeuvre conservé par la galerie Baudoin Lebon. Articulée autour de ses thématiques de prédilection que sont la mort, la religion, le mythe et l’allégorie, l’exposition Le grand Atelier de Joel-Peter Witkin démontre toute la maitrise technique et atypique de ce photographe, sans conteste l’un des plus singuliers des 20e et 21e siècles.

Fascination et répulsion, compassion et voyeurisme sont autant de réactions possibles face aux photographies de Joel-Peter Witkin qui semblent être les tableaux d’une « monstrueuse parade » mettant en exergue un monde de souffrance, de mutilations, de désincarnations, sans exclure une forme de dérision. Mutilés, androgynes, transexuels, cadavres démembrés empruntés aux morgues réinterprètent des figures mythologiques ou bibliques, magnifiés par le travail d’artisan orfèvre de Witkin, une pratique excluant toute manipulation digitale

Welcome to Camp America. Debi Cornwall.

Hormis les tenues oranges des prisonniers, peu d’images circulent sur ce qui se cache réellement derrière les murs de Guantanamo, la base militaire américaine située à la pointe Est de Cuba tristement célèbre pour être un lieu de tortures et d’incarcérations. Entre mars 2014 et janvier 2015, durant trois séjours, la photographe new- yorkaise Debi Cornwall a été autorisée à entrer dans l’enceinte de Guantanamo Gitmo, comme l’ont surnommé ses occupants – pour réaliser un reportage photographique à la condition impérative de respecter strictement certaines règles. Interdiction de photographier le visage des soldats, de prendre la moindre image des dispositifs de surveillance, obligation d’être perpétuellement escortée et de faire valider chaque jour les prises de vues enregistrées sur la carte SD de l’appareil et… de développer dans la foulée les négatifs pour qu’ils puissent être inspectés, ce qu’elle réalisera dans la baignoire de sa chambre d’hôtel, sous le regard attentif de son escorte.

Sur base de ses photographies ayant reçu l’aval des militaires, Debi Cornwall a construit un travail engagé grâce à son expérience d’avocate ayant exercé durant douze années au barreau de New York. Apparaissent alors des photographies d’un Gitmo que peu de personnes auraient imaginé que la photographe a classées en trois séries distinctes, autant de visages de ce lieu où personne n’a vraiment choisi de vivre.

Mon coup de coeur…

Sunset Memory. Peter H. Waterschoot. 

Peter H. Waterschoot nous convie à un voyage immobile, dans ce qui pourrait être le récit recomposé d’une étrange nuit se déroulant en des espaces clos, aux lumières tamisées autant que dans la ville qui les héberge.
Au cours de séjours de trois ou quatre jours consécutifs, à Ostende, Bruxelles, Venise, Osaka ou Berlin, Peter H. Waterschoot a photographié en reclus les signes du temps et de l’absence dans des chambres, des couloirs, des salons, des dancings dépeuplés… Ici et là, on aperçoit des lits et fauteuils abandonnés, des papiers peints défraichis, des verres oubliés et des réveils arrêtés. Peter H. Waterschoot ne nous dévoile pas seulement le récit hypothétique d’attentes mystérieuses dans ces lieux clos, il se fait également l’œil indiscret de rues désertées, qu’un faible éclairage seul anime.

Peter H. Waterschoot est né à Gand, en Belgique, en 1969. Il a étudié la photographie à l’Académie de Gand, en 2009.


Infos pratiques: Le Musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. En raison des restrictions sannitaires. Les réservations sont obligatoires au +32 (0)71.43.58.1. Adresse: Place des Essarts, 6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne) Se parquer/ Place Roger Desaise à 50 mètres du Musée (75 emplacements).

Quelques liens utiles…

Le website de Peter Waterschoot

Le website de Debi Cornwall

En savoir plus sur Peter Witkin… A l’age de 6 ans, il assiste  avec sa mère et son frère à un carambolage impliquant plusieurs véhicules à Brooklyn.  » De l’ombre des véhicules retournés, a roulé vers moi ce que j’ai pris pour un ballon, mais comme il roulait  plus près et finissait par s’arrêter contre le trottoir où je me trouvais , j’ai pu voir qu’il s’agissait de la tête d’une petite fille  » cette expérience traumatisante allait influencer inconscienment sa création.

Dés l’age de 16 ans, il découvre sa véritable passion le dessin et la photographie, il est fasciné par le bizarre, une de ses premières photographies qu’il réalise pleine d’audace est un rabbin certifiant avoir vu dieu. Remarqué par Edouard Steichen, ce dernier expose ses clichés au musée d’Art moderne de New York. Il suit une formation  de sculpteur a laquelle il renonce parce qu’il affirme que ces photographies sont en soi des sculptures mais obtient une licence de Beaux-arts en 1974.

Enrolé dans l’armée, il devient l’assistant d’un médecin légiste et son travail est de photographier les corps sans vie de soldats accidentés. Il reste dans l’armée pendant trois ans et revient à New York pour se consacrer à sa passion et entre à l’université d’Albuquerque en 1976 pour se perfectionner. Il devient Professeur de photographie et s’adonne à sont art, avec un goût pour le morbide qui choque à chacune de ses expositions. Assemblages de morceaux de cadavres, foetus, malformations de naissance, étrangeté sexuelle…….Pourtant à Paris, à New York, les experts reconnaissent le travail artistique de ces clichés en noir et blanc qui ont  pour but de saisir toute la beauté et la laideur du monde. 

Sa technique de création. Toutes ces photographies sont préparées en amont par des croquis, il y a peu d’improvisation, ces modèles savent très bien ce qu’il font et pourquoi ils sont là. il les projette dans une scène qu’il a inventée car ils savent que son but est de créer l’image la plus forte et la plus vraie d’eux-mêmes. La prise de vue est instantanée, tout est réalisé en direct. Il ne fait pas de montage, ni de trucage en laboratoire. Il utilise un Rolleiflex 6X6, il ne prends que un ou deux rouleaux de pellicule par séance. Son travail est réalisé dans son petit studio de six mètres carré environ mais opère souvent en extérieur. La plupart de ces images ont été faite au domicile car ses modèles ne peuvent pas tous se déplacer vu leur handicape. Il emploie à chaque composition de nombreux accessoires:  haches, flèches, couteaux, crânes, en devenant la créature de ses fantasmes, ses modèles vivent une autre vie.

Ses modèles. Le choix de ses modèles sont des êtres inhabituels,  mais ils ne sont pas si différents de nous, nous sommes tous un peu bizarres, et d’une certaine façon difformes. Il les photographie parce qu’ils représentent ce qu’il y a d’imparfait en lui, physiquement et spirituellement, il ne les exploite pas et à beaucoup de compassion et de tendresse pour eux. Au début, il les trouvait dans la rue, dans les bars, certains m’ont  été indiqué par des amis, j’ai parfois passé des annonces dans les journaux en demandant de m’envoyer leur photo. Une fois le contact établi il leur explique son projet et leur montre des croquis. Il  essaye surtout de gagner leur confiance se qui est primordial pour un photographe. Ce sont des handicapés de naissance, ou des accidentés, victimes d’un traumatisme violent. Il établit avec eux une relation franche.

Pour conclure… Son oeuvre est un miroir de la vérité. Elle n’est pas décadente, elle est absolument désespérée et métaphysique. Au premier abord, on a une sensation de répulsion , de dégoût, de morbide, de malaise puis avec un peu de recule on s’habitue à l’horreur et on peut avoir de la tendresse pour ces modèles. Son travail est reconnu dans le monde entier et fait parti des grands photographes visionnaires contemporains.

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