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Expo. Nathalie Amand, ou le derrière du visible….

Du 24 mars au 30 mai 2021

Née en 1968, Nathalie Amand est professeure à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Pratiquant l’argentique et le moyen voire le grand format depuis toujours, la photographe a très tôt manifesté une prédilection pour les mises en scène et la prise de vue en studio. Envisageant la nature humaine dans ses recoins les plus intimes (rapport du corps à l’espace et au temps, pudeur et identité, finitude et absurdité), elle convoque en les rejouant, en les détournant, en les malmenant parfois, les genres les plus établis de la peinture ou du dessin: nu et portrait, paysage et nature morte, détails et vanités. 

Si l’aspect esthétique et la sensualité (des peaux, des matières, des textures, des choses) occupent une part prépondérante dans sa recherche, ce que Nathalie Amand questionne avant tout c’est le regard du spectateur: sa position et son attitude face à ce qui est dévoilé, et qui tantôt s’échappe en un flou de bougé, tantôt s’affiche avec excès, à d’autres moments nous renvoie à nos propres peurs ou à nos besoins d’évasion, d’interprétation, d’imaginaire, de légèreté. Part visible ou mystérieuse, part des anges (cet alcool capiteux qui s’évapore du vin) ou part du diable, part de l’oeil ou part maudite, tout chez la photographe bataille et louvoie, hésite et résiste; entre ciel et terre, entre le pur et l’impur, entre le délicat et le sulfureux. La beauté des choses est souvent inséparable de leur fragilité, chaque lumière a son revers de noirceur; la présence passe par le fait de tourner le dos, voir le réel implique de fermer les yeux… C’est qu’il s’agit là de vérités contradictoires, plus intérieures que démontrables, et moins encore démonstratives. Dans la cosmogonie intime d’Amand, la grande soif d’absolu passe par les petites choses, que l’approche photographique ne se contente pas de constater mais qu’elle dépasse, envisage autrement, transforme, transcende; et les plus insignifiantes et délicates, sans gratter trop loin dans le songe ou la métaphysique, invitent à une forme de recueillement, d’élévation, de méditation… Le sacré? Peut-être bien, oui; mais son contraire, tout autant. Terrestre et incarné, trivial s’il le faut. Et si les références abondent (au boudoir fétichiste et au studio du XIXe, pour les «Hommages licencieux»; aux surréalistes, Ernst en tête, pour les collages et assemblages; à d’autres grandes figures pour le paysage et la nature morte…), c’est finalement pour tendre à l’épure, au dépouillement sans détour, à l’essence d’un mystère — et finalement à une absence, essentielle, plus difficile encore à nommer qu’à montrer ou à cacher.

L’exposition « La Part visible » de Nathalie Amand que l’on peut découvrir chez Contretype est réjouissante en ceci qu’elle nous fait découvrir sous un angle nouveau le travail d’une artiste que l’on croyait, sans doute à tort, bien connaître.


Infos pratiques: Contretype Cité Fontainas, 4 A – 1060 Saint-Gilles. Horaires, mercredi, jeudi, vendredi de 12:00 à 18:00 – samedi et dimanche de 13:00 à 18:00

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