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Livre. Une histoire mondiale des femmes photographes.

La photographie se conjugue au féminin et le livre Une histoire mondiale des femmes photographes l’affirme haut et fort. De l’invention de la photographie en 1839 jusqu’à l’orée du XXIe, cet ouvrage met en lumière 300 femmes photographes qui ont pris part à l’évolution de la pratique et de notre regard sur ce médium.

Une omniprésence invisible. Les 450 photos rassemblées dans le livre lèvent encore un peu plus le voile sur ces signatures souvent restées dans l’ombre des grands maîtres, maris, mentors, ou simples contemporains de ces talentueuses photographes. Un discrédit et un effacement de notre histoire pour celles qui osèrent se saisir de l’appareil comme un outil d’émancipation, sortant de leur rôle de muse ou d’assistante faisant jusque-là seul office de lien entre la femme et la pellicule. Combien ont vu leurs images attribuées à leurs époux ? D’Harriet Tytler à celles de Gerda Taro, ce sont bien souvent leur nom plus que leurs images qui se sont lentement effacées de nos mémoires.

Les femmes photographes sont pourtant partout, participent à toutes les expérimentations du siècle, mettant au point des procédés de tirage comme Lee Miller qui découvre la solarisation aux côtés de Man Ray. Le premier livre photo est lui aussi féminin, né des images d’Anna Atkins en 1843. La simple vue du sommaire du livre et de ses 300 noms féminins, alors même que nous sommes souvent mis au défi de citer une femme entrée dans l’histoire de la photographie, nous confirme que malgré leurs talents, peu d’entres elles accédèrent à la notoriété sauf quelques exceptions comme Diane Arbus ou Dorothea Lange.

Une photographie féminine ? Cet ouvrage interroge également la production féminine. Existe-il un genre féminin en photographie ? La préface nous le rappelle, ces considérations sont probablement héritées du cantonnement des femmes photographes à la sphère privée et de facto de leur spécialisation dans le portrait ou la nature morte.

Un manifeste collaboratif. le livre se place en digne héritier des analyses et monographies proposant une relecture féministe de la photographie. L’ambition ne se limite pas à citer ces signatures, mais bel et bien à en partager la densité et l’intensité. Manifeste non exhaustif sur la place de la femme dans la photographie, ce livre part également à la rencontre de nos contemporaines. Dirigeant les recherches et la rédaction, Luce Lebart et Marie Robert on invité 160 journalistes, historiennes, conservatrices, mais aussi photographes de toutes origines à partager leurs points de vue sur ces images et ces parcours.

Si ce tour du monde et voyage dans le temps aux origines de la photographie féminine en 504 pages a été conçu et réalisé par des femmes, il s’adresse bien à tous et toutes. Son format (504 pages, 25 X 28 cm) est disponible au tarif de 69 euros sur le site des Editions Textuels et aussi sur Amazon.


Un commentaire »

  1. Bonjour tout le monde,
    Eh oui, Mesdames, on vous a tellement oubliées, parfois mises « au charbon » dans toutes les sphères de la société en cas de guerre, puis aussitôt reléguées aux fourneaux celles-ci terminées. Deux fois dans le siècle précédant qu’on vous a fait le coup ! Et le temps qu’il a fallu pour vous donner des droits élémentaires (voter, ouvrir un compte bancaire seule, l’avortement, etc.) … pas de quoi être fier de ce côté-ci de la moustache !
    Il y a peu, je lisais un livre consacré à Lee Miller, que l’on réduit à la découvreuse de la solarisation « au côté de Man Ray », mais qu’elle fit toute seule mais partageuse – elle – acceptait d’associer son amant. Mais c’est oublier toute sa carrière de grand reporter : elle fut la première photographe à pénétrer dans les camps de concentration et à en rendre compte avec une sensibilité extraordinaire et pleine d’humanité. Elle a traversé toutes les horreurs de la seconde guerre mondiale, de la France à l’Allemagne, l’Autriche, la Roumanie, la Russie. Ces expériences mortifères ont détruit le reste de sa vie, sentant confusément qu’elle ne pourrait jamais plus participer à ces récits historiques et ne sachant pas comment se laver de ses souvenirs insoutenables.
    Quant à Gerda Taro, on oublie trop souvent que sans elle André Friedman ne serait jamais devenu Robert Capa. Je découvre pour l’instant une brique qui lui est consacrée et lorsque je lis son parcours, politique aussi, je crois comprendre qu’elle ne fut pas une « suiveuse » mais une inspiratrice et surtout une photographe engagée, plongée dans l’absurdité des années fascistes et anti-sémites.
    Alors, comme Philippe, j’ai envie de vous dire : achetez ce bouquin, dévorez « Une histoire mondiale des femmes photographes » et donnons à ces pionnières la place qui leur revient de droit.

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