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Expo. Sophie Calle, les Fantômes d’Orsay

Les Fantômes d’Orsay  Du 15 mars au 12 juin 2022 -Musée d’Orsay Paris

On ne présente plus Sophie Calle, l’artiste phare de la galerie Perrotin, active depuis les années 70 et qui sublime comme personne l’art du ready-made et du langage dans la lignée des Dadas. Popularisée en 1979 par sa performance Les dormeurs pour laquelle elle invitait des gens à venir dormir dans son lit, sa carrière artistique débute officiellement à la Biennale de Paris en 1981 où elle est repérée comme une jeune révélation. C’est ensuite son livre Suite vénitienne (1983) qui la démarque : le récit de sa poursuite d’un homme inconnu jusqu’à Venise, documenté par des textes, photos et objets qu’elle récolte à la façon d’une stalkeuse professionnelle.

L’art d’investir un lieu comme personne. C’est un aspect peu connu de la vie de Sophie Calle : l’artiste a déjà vécu dans le musée d’Orsay en 1978, plus précisément dans la chambre 501 de l’hôtel de la gare, alors que la gare d’Orsay est à l’abandon avant des années de travaux pour devenir l’institution que nous connaissons aujourd’hui, inaugurée en 1986. Quand, en plein confinement, le musée d’Orsay propose à l’artiste de revenir pour un projet dans le musée de nouveau vide, elle saute sur l’occasion ! Ça donne une exposition en deux temps : on entre d’abord dans la première pièce, avec les archives historiques des années 70 avant de découvrir les travaux réalisés 41 ans plus tard dans la deuxième salle en enfilade.

Sophie Calle est artiste plasticienne, photographe, réalisatrice, écrivaine et même détective. Depuis quatre décennies, elle expose dans le monde entier une œuvre peuplée de dormeurs, de diseuses de bonne aventure, d’amants en fuite, de strip-teaseuses, des membres de sa famille et aussi… de fantômes. 

L’artiste qui mêle avec brio textes et photographies s’immisce merveilleusement dans le quotidien des individus. Il semblerait que Sophie Calle soit passée maître dans l’art de surprendre, dans le jeu de la vie, dans la narration de l’intimité… Découvrons son univers au travers quelques anecdotes !

Sophie Calle suit des inconnus dans la rue. En rentrant à Paris après un long voyage de sept ans, Sophie Calle ne retrouve plus ses repères dans la ville où elle a pourtant grandi. Elle décide donc de suivre des inconnus dans la rue et de les prendre en photo pour générer de nouveaux souvenirs. Elle suit notamment un homme pendant plusieurs mois, elle le suit même jusqu’à Venise, donnant ainsi naissance à son œuvre Suite Vénitienne.

Elle a invité des inconnus à dormir dans son lit. Lorsqu’une amie lui fait remarquer la tiédeur des draps lorsqu’elles dorment ensemble, Sophie Calle commence à inviter des inconnus à dormir dans son lit pendant 8 jours. Ils se relaient chacun leur tour. Fabrice Luchini, qui a lui-même eu vent de cet événement singulier, participera lui aussi à cette « performance » en occupant le lit de Sophie Calle. C’est d’ailleurs lors ce cette performance qu’elle se fera repérer par la femme d’un critique d’art, qui n’est autre que Bernard Lamarche-Vadel.

Elle explore souvent les thèmes de l’absence et du manque. En 1981, elle se fait embaucher pour remplacer une employée aide ménagère d’un hôtel et utilise ce temps pour immortaliser les effets personnels des clients. Et en 1983, elle trouve un carnet d’adresses dans la rue et rentre en communication avec les contacts du carnet pour bâtir le portrait du propriétaire.

L’amour est central dans son œuvre. Dans son œuvre Prenez soin de vous par exemple, elle demande à 107 femmes abouties dans divers domaines de répondre de manière professionnelle à une lettre de rupture qui lui était destinée. La lettre terminait par « prenez soin de vous » et elle n’arrivait pas à y répondre. L’œuvre sera exposée à la Biennale de Venise en 2007. L’art est aussi un moyen pour Sophie Calle de contrôler ses expériences personnelles, de maîtriser le jeu.

Pour conclure. Une artiste complexe expérimentant plusieurs méthodes de créations : photos, performances, interaction avec le public, etc… Mais aussi complexes dans son cheminement, et la façon de se raconter.

Infos pratiques: Musée d’Orsay – Esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. Tous les jours sauf lundi, 9h30-18h, le jeudi jusqu’à 21h45. Tarifs : 16 € / 13 €



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