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Expo. Love songs, , photographies de l’intime – MEP Paris

Du du 30 mars au 21 août 2022 – Paris

Regroupant 14 séries photographiques sélectionnées par Simon Baker et signées par des artistes phares du 20 et 21ème siècles, l’exposition collective Love Songs nous offre une compilation d’expériences amoureuses subjectives, intimes, mais objectivées, capturées, comme pour rappeler que l’amour n’est autre qu’un objet social traversé par les changements sociétaux et les époques.

De la sensualité capturée au voyeurisme de l’observateur. L’amour et la photographie ont un commun leur oscillation entre l’intime et l’universel.  Entre le cliché volé à l’amant(e) pour capturer un instant précieux et la photographie d’amour comme objet culturel d’exposition, on passe d’un regard confidentiel à un regard interprété par l’inconnu. Un regard extérieur qui souhaite voir, écouter, sentir ou consommer l’amour, pour se rapprocher d’une expérience passée ou présente.

L’exposition Love Songs donne à voir les sentiments et les transports que provoquent la réunion de corps et d’esprits qui se choisissent, et renvoie chacun de nous à son propre parcours amoureux.

On traverse cette compilation photographique en y trouvant diverses étapes, plus ou moins normées, des relations amoureuses : la passion de la rencontre, l’extase des débuts, la léthargie et la plénitude, l’ennui, la confrontation, les projets, mais aussi les compromis. Comme à travers une lucarne, on observe les œillades et les corps épris des amoureux, en y projetant nos propres récits.

Love Songs, une balade à travers les époques : soixante-dix ans de compilation amoureuse. Les clichés de l’exposition sont signés par des artistes ayant des points de vue et des modes de représentation différents, mais qui se répondent, s’écoutent et se complètent : on y trouve les œuvres de Nobuyoshi Araki et Nan Goldin, René Groebli, Emmet Gowin, Larry Clark, Sally Mann, Leigh Ledare, Hervé Guibert, Alix Cléo Roubaud, JH Engström & Margot Wallard, RongRong&inri, Lin Zhipeng (aka n°223), Hideka Tonomura ou encore Collier Schorr.

Comme un disque compilant des chansons choisies pour la personne aimée, l’exposition s’organise en deux faces et nous emporte dans le caléidoscope des relations amoureuses. La première partie, la Face A de l’exposition, présente des œuvres des années 1950 à 2000. La Face B, quant à elle, donne à voir l’amour dans sa représentation contemporaine, des années 2000 à aujourd’hui.

L’amour et l’expression photographique : des expériences filtrées du réel. On trouve ainsi dans les différentes œuvres, et leurs enchainements de la Face A à la Face B, le caractère pluriel de l’amour. L’amour sous toutes ses formes : inconditionnel, interdit, aveugle, laborieux, passionnel ; et sous toutes ses orientations, sans distinction.

Les sentiments amoureux et leurs différentes modalités ont toujours été l’objet de fascination et s’expriment à travers toutes les formes artistiques possibles. Parmi celles-ci, l’expression photographique semble à la fois la plus vraie et la plus déstabilisante dans son rapport singulier avec le réel. 

En effet, Love Songs nous rappelle combien l’expérience photographique est troublante dans la réalité qu’elle propose à nos yeux : un instant figé, voire posé, fantasmé, issu de l’intentionnalité du photographe et du médium que représente l’appareil, et paraissant pourtant parfois si spontané et proche de notre propre expérience intime.  

L’expérience amoureuse, elle aussi, n’est autre qu’une réalité filtrée par les sentiments de deux ou plusieurs individus, mais qui peut être observée et interprétée par d’autres, sur la base de leur propre vécu. De plus, la relation, traversée par des personnes ayant chacune leur représentations, projections et fantasmes, oscille elle aussi entre spontanéité et artificialité.

L’exposition Love Songs permet ainsi de croiser la photographie, en tant qu’objet culturel, et l’amour, en tant qu’objet social, ayant en commun les filtres du fantasme et de la représentation orientée du réel. La Maison Européenne de la Photographie se fait ainsi support du triangle amoureux entre le photographe, le modèle, et le visiteur de l’exposition.

Infos pratiques: Du 31 mars au 21 août 2022

Maison Européenne de la Photographie – 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris
Mercredi et vendredi 11h – 20h, Jeudi 11h – 22h, Le week-end 10h – 20h
Tarif : à partir de 7,50 €


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